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Saverne – Hôpital Sainte-Catherine « Le service de pédiatrie est de retour »

L’hôpital de Saverne inaugurait hier un service de pédiatrie rénové, pour un coût de 310 000 euros. L’embauche récente d’un nouveau pédiatre et celle de deux autres d’ici mai sont autant de bonnes nouvelles annonçant une embellie en 2018, au sein d’un service qui a connu une année difficile. C’est aussi un gage de la volonté de maintenir un centre hospitalier fort à Saverne.

Pour une touche de bonne humeur, une déco sur le thème de la musique, avec un clin d’œil à la licorne savernoise. PHOTO DNA – Emmanuel VIAU

Autant le personnel que la direction ne s’en sont pas cachés : 2017 a été difficile pour un service de pédiatrie en souffrance suite à la perte de quatre praticiens. Les consultations ont dû être réduites au minimum, le personnel a dû s’ajuster et les médecins, dont le chef du service Jean Stefaniuk et le Dr Demil, ont été mis à lourde contribution, notamment au niveau des gardes.

Depuis le 15 janvier, le service comprend quatre pédiatres, qui devraient être rejoints par deux autres dans les prochaines semaines. « Côté médical, on commence à voir le bout du tunnel », indique Jean Stefaniuk. Cette embellie coïncide avec la fin de la rénovation des locaux, visant à regrouper urgences enfants, hospitalisation, consultations et néonatologie sur un même étage. Ce qui suscite l’enthousiasme du chef de service, qui peut dire désormais que « le service de pédiatrie est de retour ! »

Vendredi soir, le directeur de l’hôpital, Steve Werlé, accueillait notamment le personnel du service et de l’hôpital, des représentants d’établissements voisins, le maire de Saverne et président du conseil d’administration Stéphane Leyenberger, le conseiller départemental Thierry Carbiener et la suppléante du député Éliane Kremer. « Historiquement, a-t-il résumé, les activités de ce service étaient réparties sur trois niveaux. Cette organisation ne s’avérait guère efficiente », obligeant le personnel à d’incessants déplacements et rendant difficile la mutualisation des moyens humains et matériels.

Sachant que les derniers travaux de rénovation remontaient ici à 1995, il devenait nécessaire « d’améliorer les conditions d’accueil et d’hospitalisation », de même que la « sécurité incendie ». En accord avec le service pédiatrie, les travaux ont démarré fin août. Une affaire délicate, étant donné que le « chantier était situé au-dessus d’unités en activité », puisqu’il n’était évidemment pas question de stopper l’activité du service.
« Un atout pour construire l’hôpital de Saverne de demain »
Installé dans ses nouveaux locaux au début janvier, « le service a aujourd’hui gagné en fonctionnalité, et les jeunes patients et leur entourage en condition d’accueil et d’hospitalisation ». Et parce que « l’environnement de l’enfant soigné est prééminent », un soin particulier a été apporté à la décoration. L’association Semeurs d’étoiles, du père Ledogar, et la chorale de la pédiatrie Les Amis des enfants ont consacré ensemble 35 000 euros à la réalisation de peintures par l’artiste Gregory Reti, sur le thème de la musique. Logique, quand on sait qu’« il y a pas mal de musiciens dans l’équipe », a souligné Jean Stefaniuk.

Plus largement, selon Steve Werlé, « ces travaux traduisent, s’il fallait encore le démontrer, la volonté indéniable de l’établissement d’ancrer le service de pédiatrie ». Il relève d’une part l’importance de « l’activité de néonatologie, adossée à la maternité dont la réputation d’excellence rayonne largement jusqu’en Moselle » avec 842 naissances en 2017. D’autre part, il souligne combien les urgences enfants, structure rare pour un hôpital de cette taille, « lui confèrent un atout certain dans la démarche de rapprochement à venir avec l’établissement voisin de Sarrebourg ».

Un regroupement avec Sarrebourg, mais aussi avec Strasbourg, Haguenau et Wissembourg, qui est attendu avec sérénité par le personnel du service. « La pédiatrie est une grande famille, c’est une chance », indique Jean Stefaniuk, relevant qu’avec les établissements voisins, « on travaille depuis longtemps main dans la main ». Le chef de service tient néanmoins à mettre en valeur la pédiatrie savernoise. « On fait toute la pédiatrie, de la néonatologie jusqu’à l’adolescent en crise. On est les seuls à proposer des urgences enfants 24 heures sur 24 et sept jours sur sept de Sarreguemines en Alsace Bossue, en passant par Sarrebourg et Wasselonne. » Ce qui implique une fréquentation élevée, de l’ordre de 10 000 premiers passages (hors bilans et suivi) annuels. « Nous sommes déjà à plus de 1 200 premiers passages depuis l’ouverture du nouveau service », indique Jean Stefaniuk.

Par ailleurs, les 12 lits d’hospitalisation sont remplacés par six qui peuvent être dédoublés en cas de besoin, faisant suite à la décision de « s’orienter vers les activités ambulatoires ». Le nouveau service comprend aussi trois salles de consultation, une salle supplémentaire, deux lits de courte durée, un lit pour l’hôpital de jour, deux salles d’attente, une grande salle de jeux et des espaces pour le personnel.

Remerciant l’équipe médicale après « l’année difficile qu’on a passée », le médecin affiche son intention de redévelopper les consultations. « Avant, on en faisait 6 000 par an. » Il souligne enfin la réactivité du pôle mère-enfant, notamment sa capacité à soigner des prématurés. Par exemple : « Il y a quelques années, nous avons pris en charge un prématuré de 24 semaines. Elle pesait 800 grammes et elle a passé trois mois en réanimation. Aujourd’hui, c’est une petite fille de quatre ans qui va bien. J’ai eu le plaisir de la revoir au moment où elle allait faire sa première rentrée scolaire. »

Une illustration du fait que, selon Stéphane Leyenberger, la pédiatrie « est quelque chose d’important pour les enfants de notre territoire et leurs familles. C’est aussi très appréciable pour l’attractivité d’un territoire de pouvoir compter 24 heures sur 24 sur des urgences enfants et un service de pédiatrie, qui est assurément l’un des fleurons de notre hôpital. Dans la réorganisation actuelle, avec la perspective de notre rapprochement avec Sarrebourg, on peut faire valoir la force de notre pôle mère-enfant. C’est un atout pour construire l’hôpital de Saverne de demain. »

Après avoir investi l’an dernier 900 000 euros dans le service de réanimation, la direction de l’hôpital confirme ainsi, en ce début d’année, son engagement pour le maintien des soins de proximité dans la cité des Rohan.

Sources DNA du 11 février 2018

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